Rencontre avec Anne Lesperance, propriétaire de Belle et rebelle

27 novembre 2015
Source : Belle et Rebelle | Photographe : Carl Thériault

Belle et Rebelle a récemment dévoilé une série de clichés mélangeant la mode locale et l’art du cirque. Les images mettaient en vedette une véritable athlète du cirque entièrement habillée de mode montréalaise dans une ambiance dramatique.

Ces remarquables images ont mis en évidence une réalité que peu de gens savent : la propriétaire de la boutique, Anne Lesperance, n’hésite jamais à initier de nouveaux projets pour rester à l’avant-garde. Portrait d’une entrepreneure fonceuse à l’énergie contagieuse.

D’où vous est venue l’inspiration pour fonder Belle et Rebelle?

Il y a près de 10 ans, j’ai eu envie de créer un lieu à échelle humaine sans prétention. Belle et Rebelle a ouvert ses portes avec 5 000 $ de budget, aucune expérience, de bons amis et des rêves plein la tête. J’avais envie d’être entourée de gens créatifs et talentueux, mais surtout, j’avais besoin de sentir que je contribuais à ma manière à un modèle économique meilleur. Je suis véritablement une passionnée d’entrepreneuriat social.
 



Comment faites-vous la sélection des marques que vous tenez en magasin? Quels sont vos critères?

Je crois que nos 2 principaux critères sont avant tout le désir de constamment se renouveler et de choisir uniquement nos coups de cœur. Ma collègue Isabelle et moi choisissons minutieusement tous les petits objets de décoration, bijoux, accessoires et vêtements pour Belle et Rebelle et Petite Rebelle.
 



Comment voyez-vous l’évolution de vos boutiques dans le futur?

La question! Honnêtement j’avais pour ambition à l’origine de devenir la première chaîne de créateurs québécois, et surtout de démocratiser la mode d’ici, car pour moi, elle s’adresse à tout le monde.  Je suis partie sur les chapeaux de roues, sans partenaire économique, j’ai ouvert et rénové quatre boutiques en cinq ans, le taux d’endettement de la compagnie n’a pas cessé de monter et je suis tombée malade. J’ai arrêté de travailler un an et je suis maintenant en rémission. Je me suis calmée (rires) et je vais super bien.

Maintenant, l’évolution des boutiques, je la vois dans ce que mon équipe et moi faisons de mieux : gérer avec amour deux petites boutiques de Rosemont-Petite-Patrie, et distribuer nos produits en ligne le mieux possible. Pour soutenir les créateurs d’ici, il faut avoir les reins solides, et on le fait par passion.  Créer des boutiques les plus humaines et chaleureuses possible sont mes seules ambitions… pour l’instant! (rires)

Envisagez-vous d’étendre votre offre à la mode pour homme dans l’avenir?

En 2009, on sentait que les hommes cherchaient un équivalent à nos boutiques. C’est pourquoi j’ai ouvert l’Appartement boutique sur la rue Mont-Royal avec un partenaire pour répondre à ce besoin. Malheureusement, il y a moins de diversité dans la mode locale et abordable pour les hommes, mais nous sommes tout de même restés ouverts plus de quatre ans. Pour le moment, en plus de la mode féminine, nous avons chez Belle et Rebelle une petite sélection de vêtements pour enfants absolument charmants et originaux.
 



Quand et comment avez-vous constaté l’importance du commerce en ligne?

Nous avons créé notre site de vente en ligne il y a déjà quatre ans. Les médias sociaux  faisant partie de notre quotidien depuis longtemps, nous avons rapidement constaté qu’il fallait y aller. Il faut être connecté pour ne pas être dépassé. C’est un investissement à long terme que d’avoir un site et nous cherchons constamment à l’améliorer. Depuis un an, les ventes augmentent considérablement et pour les autodidactes que nous sommes encore, c’est une grande fierté.

Comment Belle et Rebelle se distingue de ses concurrents pour rester novateur?

Nous entrons dans notre dixième année, et avec le recul, nous constatons que la réalité de ce type de commerce a beaucoup changé. Je suis toujours extrêmement impressionnée par l’émergence et la qualité des boutiques locales partout au Québec. Malgré tout, je crois que l’on fait encore figure de grande sœur, et c’est peut-être ce qui nous distingue.

Une chose est certaine, la boutique va prendre en 2016 un tournant encore plus social. Pour nous, Belle et Rebelle, c’est plus qu’une boutique de vêtements et accessoires et on a encore de belles missions à accomplir. Ce n’est que le début.

D’où vous est venue l’inspiration du shooting cirque?

Ce shooting fut merveilleux à faire. L’idée du cirque m’est venue de Lysandre, notre mannequin. Elle et son conjoint sont artistes de cirque, ont 2 enfants et sont présentement en tournée en Europe. En parlant avec Lysandre, j’ai eu l’idée d’une texture d’images un peu « glauques », rebelles, immortalisées par notre photographe Carl Thériault. Nous allons assurément répéter l’expérience avec de nouvelles inspirations.
 

 

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